Débat lors du Conseil Municipal du 20 décembre 2007
Le budget 2008 qui est adopté ce soir ne dit pas la vérité aux Cergyssois : la pression fiscale augmente sur les ménages modestes et grâce à la spéculation immobilière, l’autofinancement est
à un niveau dangereusement faible alors que l’investissement est en forte baisse. Bref, alors que le Maire annonce que les impôts sont stables et que Cergy se développe, c’est tout le contraire
qu’on voit dans ce budget !
Nous dénonçons donc un budget rempli de mensonges trompeurs au détriment des Cergyssois.
Passons sur le vote « majoritaire » d’une majorité sortante qui, en réalité se déchire : beaucoup d’adjoints au maire sortant sont écartés par lui, ou se présentent sur des listes
concurrentes. C’est loin d’être l’unanimité dans cette « majorité », dont beaucoup d’élus sortants, et non des moindres, critiquent à peine discrètement la politique et la direction
personnelle et autoritaire du maire sortant.
A la place d’une dérive d’exclusion sectaire, il faut une nouvelle majorité municipale, unie, représentative de tous les quartiers et de toutes les sensibilités, plus jeune et plus représentative
des diversités de notre commune. C’est ce que l’équipe de Thierry Sibieude va proposer aux Cergyssois en mars prochain, c’est ce que je proposerai avec lui aux cantonales.
Il faudra remettre en cause notamment le Plan Local d’Urbanisme, qui a été heureusement déféré devant le Tribunal administratif. Il va nécessiter d’énormes investissements dans l’avenir pour
Cergy. Au cours du prochain mandat, si le Maire sortant est réélu, Cergy sera livré aux promoteurs. Mais construire 9 500 logements en plus, ce ne sera pas gratuit non plus pour les finances de
la commune. Qu’est-ce qui est anticipé en ce sens dans ce budget ? Rien. Sur cette perspective essentielle, ce budget dissimule la vérité aux Cergyssois.
Au contraire, dans ce budget, l’investissement est en net recul : - 8,6 %. Est-ce parce que le Maire s’est trompé sur ses prévisions ? Comme sur la médiathèque ou bien d’autres
chantiers arrêtés ou renvoyés aux calendes grecques : une telle incompétence de telles erreurs de programmations préjudiciables aux Cergyssois. A quoi bon construire autant de nouveaux
logements quand on n’est pas capable de leur offrir les équipements nécessaires ? Il faudra attendre 2012 pour la Maison de Quartier de Cergy le Haut.
En réalité, face à une stagnation très inquiétante des bases fiscales, il y a un vrai risque de « fuite en avant » pour essayer de retrouver « de l’assiette » alors que
l’investissement des entreprises est quasiment au point mort à Cergy. En livrant la ville aux promoteurs, on va construire des logements très chers pour renflouer les caisses de la ville ;
qui pourra payer ?
Le budget nous est présenté « comme la résultante de multiples contraintes ». A part la multiplication du nombre d’immeubles, l’apparition de tours de 10 étages et de barres comme à
Sarcelles où notre Maire se réjouit du succès de ses amis, il n’y a plus de volonté politique dans la majorité sortante. Le maire ne sait que faire payer aux Cergyssois toutes sortes de dépenses
qu’il ne maîtrise pas. Il voit Nicolas Sarkozy partout, mais l’Etat n’est pas responsable de la gestion de trompe l’œil de notre commune !
La dotation nationale de péréquation augmente de 4.4% contrairement à vos prédictions alarmistes.
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L’épargne brute a constamment baissé depuis 3 ans. Vous dites qu’elle redémarre, symboliquement : + 21, autrement dit + zéro. Le chiffre de l’autofinancement
lui aussi semble avoir été miraculeusement retouché pour tomber juste au-dessus de 3 M€ (3,001 M€ exactement). On sait bien dans ce domaine qu’un budget n’engage pas à grand-chose ;
mais même malgré cet habillage, on reste très loin de l’objectif de début de mandat qui était de 3.5 M€. On avait menti aux Cergyssois.
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Mensonge aussi sur l’épargne. L’épargne brute est une chose, mais le vrai autofinancement, c’est ce qui reste quand on a amorti l’échéance en capital de la dette.
L’’échéance en capital de la dette se monte cette année à 1,617 M€ ; en partant de 3 M€ d’épargne brute, il resterait moins de 1,4 M€, comme véritable épargne pour l’investissement. En fait,
par rapport à 8,8 M€ d’investissement, ce qui est déjà très peu pour une ville de 56 000 habitants, moins de 15 % est autofinancé par de l’épargne. Pour le reste, les Cergyssois doivent une
fois de plus vendre du patrimoine, compter sur d’autres recettes, chercher de nouvelles dettes.
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Mensonge aussi sur la soi-disant stabilité des impôts : la taxe sur l’électricité, l’un des impôts les plus injustes puisqu’il frappe indistinctement tout le
monde (toutes les personnes qui paient une facture d’électricité !) voit son produit bondir de 33 % (de 300 à 400 000 euros, compte 7351, page 20). Par quel miracle cette augmentation
des impôts ? Le prix de l’énergie augmente beaucoup, la majorité en profite pour faire payer encore plus les Cergyssois.
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Mensonge sur la taxe sur les ordures ménagères (TEOM) qui a quadruplé pendant le mandat, est stable à présent mais la prestation a régressé comme tout le monde le
sait.
Ce sont les ménages cergyssois, avant tout les plus modestes, qui vont payer cette hausse, sur laquelle évidemment la majorité préfère garder le silence dans sa communication.
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Autre mensonge sur la stabilité des impôts : la taxe sur les droits de mutation augmente de 28,6 % (de 1,4 à 1,8 M€, compte 7381, page 20). Ce sont tous les
ménages qui arrivent à Cergy qui vont se partager ce fardeau. La mairie de Cergy vit de spéculation immobilière, les logements à Cergy sont de plus en plus chers et c’est là qu’on voit pourquoi
Cergy va être livrée aux promoteurs si la majorité sortante est reconduite : pour que les recettes de la Ville augmentent, il faut que l’immobilier soit de plus en plus onéreux. En effet, il
n’y a vraiment qu’une seule solution : livrer notre cité aux promoteurs !
Et si beaucoup de gens achètent, c’est parce que beaucoup d’autres s’en vont : nous pensons aux Cergyssois qui ont quitté ou qui vont quitter notre Commune ne trouvant pas dans son
développement ce à quoi ils étaient en droit d’aspirer lorsqu’ils sont venus habiter dans une ville différente créative, imaginative. Or beaucoup de gens s’en vont, parce qu’avec vous,
« vivre Cergy », comme vous dites, c’est bien cher et décevant pour beaucoup des victimes de votre politique de « bétonnisation » accélérée et sans équipements
d’accompagnement.
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Le coût du déménagement de la mairie continuer à peser lourdement sur les finances de la commune, d’autant que l’ancienne mairie, rue de l’Abondance, est abandonnée
depuis près de deux ans. Un exemple de gabegie et de gaspillage des fonds publics d’autant plus choquant que St-Christophe est le quartier qui a le plus besoin de l’aide des services publics
; c’est le symbole dramatique de l’abandon du quartier St-Christophe par l’actuelle municipalité.
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Alors que le Maire détient aussi les leviers de la Communauté d’agglomération, aucun effort n’est engagé pour mutualiser certains services, contrairement à ce qui
se fait de plus en plus dans d’autres agglomérations. C’est la seule solution pour réduire le poids de ce que vous appelez les dépenses de personnel (que nous, nous préférons considérer comme une
« ressource »).
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Et il serait temps que la municipalité s’intéresse un peu plus à valoriser les compétences et les talents de ses agents ; la réduction des « dépenses de
personnel », ça ne peut pas être une politique de management. Il n’y a vraiment pas grand-chose pour le personnel, notamment pour tous ceux dont les traitements sont très modestes.
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La superposition de structures (communes, Communauté d’Agglomération de Cergy Pontoise et ses
innombrables « satellites ») est très coûteuse pour les Cergyssois, elle est également démotivante pour nos « territoriaux » qui souffrent d’actions publiques désordonnées et
mal coordonnées. Pourtant, si la Communauté d’Agglomération de Cergy Pontoise (CACP) doit aller vers des difficultés financières, il serait urgent de voir comment mieux articuler les services et
les compétences.
L’agence Moody’s est toujours complaisamment citée par le Maire, alors que cet organisme et ses congénères sont de plus en plus vivement critiqués par toute la sphère financière, ayant été
incapable de voir venir la crise dans les comptes de certaines structures bancaires. Espérons qu’ils ont été moins aveugles dans nos finances. Ils nous ont cependant bien avertis du fait que la
CACP va au-devant de fortes tensions budgétaires sur son fonctionnement courant. En d’autres termes, il faudra faire payer davantage les communes, ou réduire les services à nos concitoyens ;
Ce n’est pas du tout anticipé par notre Maire, qui pourtant détient les deux leviers.
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Dans ces conditions, on y revient, la capacité d’investissement de la commune s’effondre. On a le budget d’investissements le
plus faible de la mandature, qui s’achève loin des 12M€ annoncés comme le « régime de croisière ». Cergy est complètement tributaire de la bonne volonté des autres maires de
l’agglomération pour que la CACP paie les promesses du Maire de Cergy. C’est pourquoi le Débat d’Orientations Budgétaires nous parlait davantage des investissements de la CACP que de ceux de
la commune …
La commune de Cergy ne peut plus faire grand chose, elle s’en remet à Véolia et à la CACP … Mais, en contrepartie, qu’est-ce qui a été promis aux autres Maires ? Aucune transparence à ce sujet.
L’une des priorités de la nouvelle municipalité, ce sera de faire le bilan du Plan Pluriannuel d’Investissement, qui ne sera certainement pas
fameux avec tous ces projets retardés ou abandonnés
.
Le récapitulatif des dépenses de fonctionnement 2008 fait apparaître de surprenantes nouvelles orientations :
CAPVAB 5.64%
Logement 5.64%
Sports et animations 2.80%
Hygiène et sécurité 7.53%
Espaces verts 1.54%
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Dernier point : une augmentation inquiétante de certaines dépenses de « publicité, publications, relations publiques » (compte 632, page 13). La plus
grosse ligne de ce poste (compte 6232) augmente même de 6,7 %.
S’agit-il de la publicité de la mairie ou de la publicité personnelle du maire sortant ? Faut-il rappeler au maire sortant que le Code électoral interdit la
mobilisation des moyens de la mairie au service de sa campagne ? Depuis quelques semaines, pas un soir où il n’y ait une réunion publique ! Tous
les prétextes sont bons ! Nous voici revenus au rythme de la campagne pour les élections législatives. Monsieur le maire, arrêtez d’user jusqu’à la corde les moyens que votre poste met à
votre disposition en qualité d’élu, mais pas comme candidat !
Il faut cesser de mentir aux Cergyssois, il faut écouter la population car la vérité n’est pas seulement dans un seul camp. Il faut aussi remettre l’humain au cœur de la politique de notre cité,
pas seulement le béton.
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